Ne laissez pas l’endettement étudiant détruire les rêves de vos enfants

Children and their dream jobs. How to avoid student debt

The English version of this article, "Don't Let Student Debt Crush Your Child's Dreams" can be found here.

Par: Marjorie Cullen

Nous caressons tous des espoirs et des rêves pour nos enfants. Nos espérons qu’ils grandiront et deviendront des adultes heureux qui entretiendront des relations enrichissantes et jouirons de la sécurité financière. Nous espérons qu’ils poursuivront la carrière qu’ils désirent et auront la possibilité d’acheter une maison et d’avoir leurs propres enfants un beau jour, si c’est leur choix.

Nous faisons de notre mieux pour les aider à grandir et à se développer. Nous marquons leur progrès vers cet avenir  par le biais des petites étapes de la vie (leur premier mot, leur premier pas, leur première année, leur premier rendez-vous…) alors que nous tentons de les guider tout au long de leur enfance jusqu’à leur passage à la vie adulte.

Nous sommes fiers de l’effort et de l’enthousiasme qu’ils mettent dans ce qu’ils entreprennent et nous les aidons à réaliser leur rêve. « Seras-tu un astronaute quand tu seras grand? Ou peut-être un médecin, un dentiste ou un fouilleur de dinosaures? »

Nous essayons d’aider nos enfants à découvrir la véritable nature de leurs rêves et à concrétiser ces rêves.

Lorsque vous épargnez dans un régime enregistré d’épargne-études (REEE), vous faites plus que de mettre des fonds de côté pour les études postsecondaires de votre enfant. En économisant de façon proactive aujourd’hui, vous aidez à minimiser les chances que l’effet domino d’un endettement excessif ne retarde ou ne détruise leurs rêves.  

Le coût des frais de scolarité pour le collège, l’université ou d’autres types d’études postsecondaires augmente tous les ans – et à un taux supérieur au coût de la vie.1 Un sondage de 2012 a indiqué que six étudiants sur dix terminent leurs études postsecondaires avec une dette moyenne de 24 600 $.2 Ces jeunes adultes qui ont travaillé et étudié dur pour se préparer à poursuivre une bonne carrière et à réussir financièrement découvrent que le franchissement des étapes que leurs parents tenaient pour acquis ne sera pas aussi atteignable qu’ils ne le pensait dans le proche avenir.3

Rembourser un prêt étudiant peut  rendre l’épargne difficile. De récents sondages auprès de diplômés du postsecondaire endettés ont révélé que le paiement de cette dette entrave la réalisation de leurs rêves d’adultes3. L’épargne en vue de la retraite et/ou de l’achat de leur première maison peut être retardée. Le rêve de devenir parent peut être mis en veilleuse et, plus ils attendent pour devenir parents, plus il leur sera difficile et coûteux de réaliser ce rêve. Et, bien entendu, il peut être difficile d’épargner pour les études de son enfant quand on en est encore à payer les siennes.

La bonne nouvelle est que les diplômés universitaires gagnent typiquement 50 % de plus que d’autres travailleurs à plein temps sans diplôme de premier cycle.4 Les diplômés constatent malheureusement qu’il leur faut éventuellement prendre des décisions d’emploi fondées sur leur salaire (afin de gagner suffisamment pour respecter les obligations liées au remboursement de leur emprunt), au lieu de travailler dans le domaine de leur choix ou dans des fonctions qui seraient plus bénéfiques pour leurs carrière sur le long terme.5

L’endettement  étudiant peut aussi avoir des incidences négatives sur les jeunes qui sont toujours au postsecondaire. Une étude récente a indiqué que, pour la plupart des étudiants, payer pour les études était une plus grande source de stress que leurs notes, leurs relations personnelles et leur souci de trouver un emploi au terme de leurs études.5

Tout cela génère un effet cumulatif déplaisant selon lequel un défi en créé d’autres à l’avenir, un peu comme la chute en cascade d’un jeu de dominos.

C’est pour cela qu’il est si important d’économiser un peu d’argent dans un REEE tous les mois. Le gouvernement fédéral (ainsi que les gouvernements de plusieurs provinces) facilite en outre la tâche d’épargner en vue des études postsecondaires par l’entremise de programmes de subventions qui déposent des fonds directement dans le REEE. Dans le cas de la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE), la SCEE de base est égale à 20 % des premiers 2 500 $ que vous cotisez au REEE de votre enfant chaque année jusqu’à concurrence de 7 200 $ à vie. Si vous ne cotisez pas suffisamment au cours d’une année donnée pour recevoir la subvention maximum, vous pouvez reporter le droit à subvention non utilisé jusqu’à ce que votre enfant ait 17 ans.

Et, bien sûr, plus vous commencez tôt, plus vos fonds auront la possibilité de fructifier grâce à la capitalisation des rendements des placements. Alors, trouver de l’argent et le placer dans un REEE tous les mois et commencer alors que votre enfant est encore jeune peut grandement contribuer à l’aider à financer ses études postsecondaires et à bien le positionner pour obtenir son diplôme.

 1 Tier for Two: Managing the Optics of Provincial Fee Policies, Erika Shaker et David Macdonald, Centre canadien de politiques alternatives et Feuille de calcul de l’inflation de la Banque du Canada

2 Consortium canadien de recherche sur les étudiants universitaires, Sondage de 2012 des étudiants de dernière année.

3 Average student debt difficult to pay off, delays life milestones, Aleksandra Sagan, CBC News  Publié le 11 mars 2014 et Tuition debt carried by many parents to help kids, Aleksandra Sagan, CBC News Publié le 27 septembre 2013.

4 Association des universités et des collèges du Canada (AUCC), Faits saillants pour la rentrée, Juillet 2014.

5 High student debt levels stress students, lead to delays in starting families; B.C. students carry more debt then others in Canada — and that affects career and family choices; par Denise Ryan, Vancouver Sun, le 13 août 2013